L’écho des fairways

Interview : Jean-Lou Charon, Président de la FFGolf

Du 25 au 30 septembre, les yeux de milliers de téléspectateurs seront braqués sur la France et sur le Golf National…
En début d’année, je me disais, enfin 2018 !

L’attribution de la Ryder Cup à la France, le 17 mai 2011 en Grande-Bretagne, nous donnait l’impression d’un événement lointain. A quatre mois de cette compétition d’envergure mondiale, nous sommes vigilants aux derniers détails. Tous les travaux sur le parcours sont terminés. Il reste à mettre en place les dernières plateformes qui accueilleront les hospitalités et résoudre certaines problématiques de transport, sécurité et logistique de dernière minute.

Pensez-vous que le public lambda soit suffisamment informé d’un tel événement qui est médiatiquement le plus important après les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de football.
Oui et non. Oui dans le sens que l’événement est repris énormément à l’étranger. Il a bien été souligné dans le cadre des festivités du « One Year to Go. »
Non car je trouve que les médias généralistes se désintéressent de l’événement golfique le plus prestigieux au monde, qui réunit jusqu’à 1 milliard de téléspectateurs. Il faut pouvoir communiquer avec « monsieur et madame tout le monde » et que les médias généralistes s’emparent du sujet et le déclinent dans leurs colonnes ou sur leurs chaînes TV.
Il s’agit vraiment de donner objectivement une lumière à ce bel événement que nous avons eu du mal à obtenir.

Selon vous, pourquoi le golf n’est pas un sport si populaire en France contrairement à la Grande-Bretagne et les États-Unis ?
En France, il est toujours - et trop à mon goût même si les choses évoluent positivement – considéré comme le sport d’une certaine classe sociale à haut revenu, réservé à une élite sociale. Ce qui est faux. Aujourd’hui, pour 100 euros par mois, vous jouez au golf tous les jours dans un club. Nous avons besoin des médias pour développer notre communication afin de populariser et ouvrir au plus grand nombre ce sport.

Est-ce un risque pour la réussite de la Ryder Cup ?
Pas du tout. Aujourd’hui, vous savez que les billets sont prévendus et 60 000 places par jour ont déjà été réservées. La Ryder Cup sera un succès, un événement majeur. Pour la première fois dans l’histoire du tournoi, nous avons obtenu que 40 % des billets soient réservés aux licenciés. Le taux de fréquentation sera phénoménal et le succès assuré.

Un joueur français sélectionné parmi l’équipe européenne serait-il un vrai atout supplémentaire ?
C’est un plus indéniable. Déjà l’attractivité de Paris en fait un événement réussi par avance si j’ose dire. Mais la présence d’un joueur français serait formidable, y compris pour la notoriété du golf de notre hexagone.

En voyez-vous un y participer ?
Oui, à titre personnel, je pense en premier lieu à Alexander Lévy qui semble
en forme depuis le début de saison. Je n’écarte pas non plus un retour possible de Victor Dubuisson. Il a mis en place un programme d’entraînement assez fort pour qu’il retrouve le haut niveau qu’il a eu. Je pense que nous avons de nombreuses
chances de voir un français sélectionné mais la décision ne m’appartient pas.

Le golf désormais discipline olympique, est-ce là aussi un défi pour vous de recevoir cette épreuve sur les fairways de l’Albatros en 2024 ?
Oui bien sûr. C’est un défi, mais également à nouveau une opportunité d’ouvrir le golf au plus grand nombre.

Propos recueillis par Jean-Luc DUCLOS
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