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Portrait

Michaël Lorenzo-Vera, la victoire est proche…

Auteur d’une splendide carte de 66 (-6) à Doha lors du dernier tour du Commercial Bank Qatar Masters (26 au 29 janvier), Michaël Lorenzo-Vera est passé tout près de prendre part au play-off pour la victoire, mais a dû se contenter de la quatrième place.
Cruel dénouement pour Michaël Lorenzo-Vera dans cette 20e édition du Qatar Masters...
Pour la seconde fois de sa carrière sur l’European Tour (Mike avait terminé second du Volvo Open en 2008), le Basque a été jusqu’au bout en mesure de décrocher la victoire, mais a finalement dû se contenter d’une frustrante place de quatrième, au pied du podium.
Des bogeys au 17 et au 18 lui ont en effet coûté une place dans le play-off qui a départagé le Coréen Jeunghun Wang, vainqueur grâce à un birdie au premier trou, du Suédois Joakim Lagergren et du Sud-Africain Jaco Van Zyl. À -16 total, les trois hommes ont en effet devancé le Français d’un petit coup, malgré sa charge dominicale.
Auteur d’une partie splendide, récompensée par des birdies au 1, 3, 6, 7, 11, 12 et 13, le joueur entraîné par Benoît Ducoulombier a fait un pas en arrière au 15, concédant son premier bogey du jour. Mais dès le trou suivant, un court par 4, un eagle 2 rentré au putter depuis l’extérieur du green lui a permis de rejoindre la tête. Avant la conclusion que l’on connaît…

Retenir le positif

“Jusqu’au bout j’ai tenté ma chance, pris des risques pour gagner, et avec un 66 au dernier tour je ne me reproche rien. Je ne remets pas en question le dernier tour, il aurait fallu mieux jouer sur les trois premiers tours ! Malgré tout, J’ai bien drivé à Doha, ce qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps, donc je suis ravi de cela. Il faut que je retienne le positif de cette journée. Si je peux continuer à driver ainsi, je pense pouvoir faire à nouveau quelque chose d’intéressant puisque mon putting est redevenu consistant.“ Au lendemain de son 32e anniversaire, le bilan de la semaine reste largement positif, puisque les quelque 108 000 points marqués avec ce meilleur résultat en carrière sur l’European Tour lui permettent d’accéder au vingtième-neuvième rang de la “Race to Dubai.“ Par ailleurs, avec plus de 145 000 points engrangés depuis le début de la saison, la moitié ou presque du chemin pour conserver sa carte est faite.

Deux semaines plus tard, il finit 7è sur le parcours de Saujana à Kuala Lumpur pour le Maybank Championship en -14 (70, 65, 70, 69) à 5 coups du Paraguayen Fabrizio Zanotti.
Après six semaines loin de sa compagne et de sa petite fille, il est revenu à Montpellier, devenu son port d’attache où il s’entraîne sur les parcours de Massane et du Cap d’Agde.

GOLF OXYGENE : Vous vous êtes classé deux fois dans le Top 10 sur le Tour européen en janvier au Qatar puis en Malaisie deux semaines plus tard. Je pense que vous devez être très satisfait…
MIKE LORENZO VERA  : Le résultat fait plaisir c’est certain. C’est long d’attendre un an (6è à Valderrama en 2016) pour de nouveau signer un top 10 sur le Tour. Ces deux semaines et ces deux places dans le Top 10 font un sacré bien. Ça faisait un bout de temps que je n’avais pas ressenti les prémices d’une potentielle victoire notamment en ayant un bon putting et un bon driving.

G O : Vous avez pris comme coach Benoît Ducoulombier depuis l’an dernier à Crans-sur-Sierre. Ceci explique peut-être ce retour au premier plan ?

M L V : Effectivement car Benoit a vécu d’incroyables moments avec Victor Dubuisson ainsi qu’avec d’autres joueurs tels Gwladys Nocera, Julien Quesne et Romain Langasque. Avec lui, on se fixe sur deux ou trois points clés qu’on travaille à fond. Et puis il a une grande capacité à rassurer. Il a une manière d’enseigner qui détend énormément. Lorsqu’on est un “peu dans le dur,“ il arrive à nous démontrer que les choses avancent dans le bon sens malgré tout. Benoît sait transcender les gens, c’est une de ses qualités indéniables, peu de coachs l’ont. Avec Benoit on se concentre beaucoup sur le chipping et le putting.

G O : Autre nouveauté depuis quelques mois, vous êtes entouré d’une véritable équipe.
M L V : Le but de mon travail avec cette équipe est de rester le plus longtemps performant sur le circuit européen car j’aime profondément mon métier. Depuis Tiger Wood, puis Rory Mc Illroy et Jason Day maintenant le golf a vraiment évolué car les golfeurs qui évoluent sur les différents tours sont de véritables athlètes. Le golf de haut niveau c’est un véritable travail d’équipe. A l’année j’ai deux ostéopathes qui me suivent régulièrement en tournois (Sébastien Vivé et Juilen Pargade), une psychologue (Meriem Salmi) que je consulte une fois par semaine, un coach physique (Gérard Legros) et un manager, Arnaud Labedan, mon ami d’enfance qui me suit depuis toujours et avec qui j’ai crée en 2016, une société de management dédiée aux golfeurs français, MLV Sport. Nous avons actuellement sous contrat Sébastien Gros, Jean Baptiste Gonnet, Nathan Trey (amateur) et moi-même. Arnaud s’occupe de beaucoup de choses au quotidien ainsi je peux rester concentré sur mon golf.
Gérard Legros m’a fait prendre conscience de l’intérêt d’un échauffement avant la partie, à base d’éveil musculaire, de dérouillage articulaire, d’échauffement cardio et d’échauffement spécifique.

G O : Estimez-vous avoir retrouvé la confiance qui explique vos dernières performances ?

M L V : Elle n’est jamais vraiment totalement acquise cette confiance… Mais je suis quand même patient depuis un bon bout de temps. Je ne jouais pas comme j’en avais envie, ça n’avançait pas c’était frustrant. J’ai quand même le recul pour me rendre compte que même si ça n’allait pas très bien, ça pouvait être bien pire. Donc patient, oui parce qu’on y est obligé dans ce sport. On passe tous par des périodes un peu compliquées. Je pense à Rory Mc Illroy quand il a changé d’équipementier, je pense à Victor Dubuisson ces derniers temps. Après, tout est relatif bien sûr. Je sens que les choses vont bien mieux, mais je ne crie pas encore victoire je sais qu’il y a encore du chemin… Les choses sérieuses commencent vraiment avec le retour du circuit en Europe et les gros tournois qui suivent…

G.O : Votre ambition pour la saison est certainement de gagner un Open…
M L V : Etre meilleur un peu plus tous les jours, continuer à être rigoureux dans la méthode et de bons résultats vont tomber !

G.O : En dehors des tournois européens, quels sont ses hobbies ?
M L V : L’automobile, les vins et spiritueux, l’horlogerie.

G.O : Le joueur de golf vivant ou mort que vous vénérez ?
M L V : Tiger Wood

G O : Quel est le club que vous préférez dans votre sac ?
M L V : Mon wedge 58°

G O : Quels sont vos sponsors ?
M L V : Pitch & Play Golf Team - Golf Clubmakers Bidart - JS Fermetures - Titleist - Journal du Golf - Infiniti Perpignan avec le groupe Maurin.

G O : Toujours le même équipementier ?
M L V : J’ai maintenant un contrat Titleist. Je joue le driver 917 D3 9°5 avec un shaft Aldila Tour Green, un bois de parcours Titleist 917 F3 15°, un fer 2 Titleist“Utility“ , une série de fers Titleist 716 MB du 3 au PW avec des shafts KBS C-Taper, des wedges Titleist SM6, Tour Chrome 52° et 58° et un putter Scotty Cameron.

Retour… 3 ans sur le Tour Européen, le passé est déjà loin.

Numéro un sur le Challenge Tour en 2007, propulsé future star du golf français, il disparaît progressivement des radars après seulement trois saisons sur l’European Tour, jusqu’à toucher le fond en 2013 et penser à tout arrêter. Et pourtant, au début de la saison 2010, il manque de gagner un tournoi en Afrique du Sud. La faute à un triple bogey au dernier trou, comme un symbole des erreurs accumulées au fil des ans.
C’est d’abord Jean-Marie Goyhenech qui remet de l’ordre dans ses idées “Il m’a expliqué que le sommet, l’European Tour, n’était que l’objectif final et qu’il fallait prendre les choses par étape, une par une“, explique Mike. C’est ce qu’il fait en gagnant sa carte pour la saison 2014 sur le Challenge Tour. Il reprend un travail technique avec son frère Franck et les bases stratégiques sur le parcours avec Benoît Teilleria. Petit à petit, il se restructure et enrichit son jeu. “Je m’étais perdu, j’ai toujours eu une tendance à trop chercher la petite bête techniquement. Ils m’ont simplifié la chose et depuis tout est devenu beaucoup plus limpide.“

Et, en 2015, il gagne le droit de jouer de nouveau parmi l’élite sur l’European Tour, cinq ans après avoir entamé sa “descente aux enfers“… “Finalement, je n’avais que 30 ans, alors j’ai pensé que j’avais encore beaucoup de choses à prouver “, conclut Mike.

Actuellement, Michael Lorenzo-Vera est 29e et premier français au classement européen. Il a fait son retour sur le Hero Indian Open de New Delhi le 9 mars après quelques semaines auprès des siens à Montpellier sans négliger évidemment l’entraînement.

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